Greve illimitée des agents de la santé : Le mouvement ‘’trop c’est trop’’ s’insurge contre la mort des innocents

Dans le but d’inciter le gouvernement à entamer des négociations avec les agents de la santé en grève illimitée depuis des semaines, le mouvement « trop c’est trop » a entamé un sit-in devant la bourse du travail depuis le lundi 27 Mars 2017. Le mouvement est décidé à continuer la lutte jusqu’à la fin de la grève.
Chaque matin entre 09 Heures et 11 Heures, les membres du mouvement « trop c’est trop » chauffent la bourse du travail en scandant des mots intimant le gouvernement à entamer des négociations avec les agents de la santé. Ils dénoncent aussi d’autres maux du Mali comme les grèves des enseignants privant les enfants de classe, l’insensibilité des autorités face aux souffrances des populations etc.
Amara Sidibé, le porte parole du mouvement ‘’trop c’est trop’’, a fait savoir qu’après avoir sillonné quelques centres de santé de Bamako, ils se sont rendus compte de la souffrance et du désarroi des malades et de leur proche durant cette grève illimitée. Selon lui, le service minimum n’est même pas assuré dans beaucoup d’endroits. A ses dires, c’est la principale raison qui les a poussés à organiser ce sit-in pour sauver la vie de leur compatriote qui n’ont pas les moyens de se rendre dans les cliniques privées ou à l’extérieur pour des soins.
« Nous demandons au gouvernement d’entamer des négociations avec les grévistes ; c’est pas dans l’inertie qu’on trouvera une solution au problème. Si le gouvernement leur ouvre ses portes et décide d’engager des négociations jaillira la lumière qui permettra de sauver des vies. La grève est en train de faire des victimes et il faut que ça s’arrête. On ne veut jamais être complice de la mort de nos compatriotes », désapprouve-t-il.
Amara Sidibé a évoqué leur mésaventure avec les forces de l’ordre et de sécurité qui, le jeudi 30 Mars 2017, ont confisqué leur banderole. Le vendredi 31 aussi, juste quelques minutes après le passage du premier ministre qui a entendu le cri de cœur des jeunes, un pick-up rempli de policiers, gendarmes et gardes débarquent pour intimer aux jeunes de quitter la devanture pour rejoindre la cour de la bourse du travail.
Avec la magie des réseaux sociaux, ils ont fait des vidéos et des messages pour inviter tous les maliens soucieux du devenir de leur pays à les rejoindre chaque matin entre 09 Heures et 11 Heures à la bourse du travail pour mener le combat qui consiste à sauver la vie des pauvres maliens qui n’ont pas les moyens de se rendre dans les cliniques privées ou à l’extérieur.
Fatoumata Keita, qui est au chevet de son enfant malade au Centre Hospitalo-universitaire Gabriel Touré, déclare : « si un enfant d’un membre du gouvernement tousse on le transporte illico à l’extérieur pour recevoir des soins mais ils sont insensibles lorsqu’il s’agit de la vie des pauvres maliens. » Très amère, elle a supplié le gouvernement de « se réveiller de son long sommeil ».

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