Conférence d’entente nationale au Mali: salle comble à la cérémonie de clôture

Au Mali, la conférence d’entente nationale s’achève ce dimanche 2 avril, après une semaine de débat. L’organisation du rendez-vous a été laborieuse. D’abord, par un boycott des ex-rebelles de la CMA, finalement revenus autour de la table, puis le retour de l’opposition à la veille de la clôture. Le rapport final a été présenté aujourd’hui, il doit servir de base à la rédaction d’une future charte de réconciliation nationale.

La salle du Palais de la culture est comble. Les organisateurs ont mis les moyens pour le remplir de supporters qui portent tous un tee-shirt blanc orné des mots « unité », « paix » et « réconciliation au Mali »…

Après des débuts chaotiques, tout le monde est finalement présent pour la cérémonie de clôture, sans forcément partager l’opinion enthousiaste du gouvernement sur cette conférence.

Le rapport final des trois commissions, unité, paix et réconciliation, a été présenté dimanche matin. Il comporte des mesures pour améliorer la gouvernance, rétablir la sécurité et mieux gérer les diversités culturelles par exemple. Autre point : criminaliser toutes les revendications faites sous la menace d’une arme ou de la violence.

L’Azawad, entité géographique et culturelle

Sur la question polémique de l’Azawad, du nom du territoire revendiqué par les ex-rebelles au nord du Mali, les trois commissions reconnaissent son existence. En clair, le rapport reconnaît que ce mot existe et qu’il englobe des réalités culturelles, historiques et géographiques. Par contre, l’Azawad ne peut faire l’objet d’aucune revendication politique. Au grand dam de la coordination des mouvements de l’Azawad qui regrette qu’aucun consensus n’ait été trouvé sur ce sujet.

Le mot était sur toute les lèvres pendant la semaine : l’Azawad. Après cinq jours de débats, le rapport final de la conférence d’entente reconnaît l’Azawad en tant que notion socio-culturelle, historique et géographique. Un échec pour la coordination des mouvements l’Azawad, la CMA, qui se battait pour une reconnaissance politique et juridique… Du côté de la Plateforme, le secretaire général Fahad Ag Mahmoud reconnaît que tout n’était pas parfait, mais des débats ont eu lieu entre toutes les populations et ils n’auraient jamais pu exister sans cette conférence, dit-il.

« Cette question essentielle, comme celle de l’élaboration d’une charte pour l’unité, sera examinée par un collège d’experts », a tranché le président malien Boubacar Keïta.

Des échanges nourris

La parole était plutôt libre lors des échanges. Dans les causes profondes de la crise malienne, il y a la corruption, a ainsi martelé un opposant.

L’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali, Ali Nouhoum Diallo, a lui aussi mis les pieds dans le plat : « C’est dans la vérité que le Mali s’en sortira », affirmait-il. « L’armée doit avoir plus de moyens », réclamait un autre.

Selon un délégué de la région de Mopti, au centre du pays, l’absence de l’Etat dans cette partie du pays n’arrange rien à la situation du pays.

Pour Baba Haïdara, premier vice-président de l’Union malienne du Rassemblement démocratique africain (UMRDA), parti de la majorité présidentielle, la rencontre s’est plutôt bien déroulée.

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