Un réseau de taxation illégale à la frontière entre le Mali et le Burkina

Au Mali, depuis quelques années les agents de la police aux frontières entre le Mali et le Burkina semblent s’être mis d’accord sur un arrangement tout à fait illégal. Selon les voyageurs, une taxe serait ainsi prélevée à chaque passage de la frontière. Or pour des ressortissants de la Cédéao, ce passage est gratuit. Une taxe illégale qui augmente l’insécurité sur ces axes transfrontaliers.

Mussa Boro fait le trajet Bamako / Sikasso depuis 15 ans. Il franchit la frontière pour rejoindre sa famille au Burkina voisin. Mais depuis quelques mois, il doit payer. A plusieurs reprises et sans motif.

« Même si les papiers sont à jour, tu vas payer, 1 000 francs à certains endroits, 2 000 à d’autres, dit-il. Il n’y a pas de motifs. Mes enfants ont failli rester quand ma tante venait : un jour ma dame a refusé de payer, le car allait partir alors que mes enfants étaient dedans. »

Le directeur de la police aux frontières Moussoudou Harby n’était pas au courant de ces allégations. Il affirme que le passage de la frontière, avec une pièce d’identité en règle, est totalement gratuit : « Une fois qu’on a la carte d’identité nationale, ou le passeport (la carte de vaccination est exigée pour traverser dans certains pays), le franchissement de la frontière est gratuit. On n’a pas le droit de demander quoi que ce soit à un ressortissant de la Cédéao. »,

La police aux frontières précise qu’une enquête va être ouverte. De leur côté, les usagers victimes font les comptes : 10 cars de 60 places vont au Burkina tous les jours, chaque passsager est taxé. Résultat : « Il ne faut pas s’étonner que les postes frontières soient braqués ».

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