Nord du Mali: bras de fer des enseignants qui exigent des primes de risque

Au Mali, les enseignants du secondaire des régions du nord refusent d’organiser les évaluations qui doivent avoir lieu dans courant de cette semaine du lundi 16 janvier. Les professeurs demandent notamment des primes de risque. Un bras de fer est engagé, depuis plusieurs mois, avec les autorités. Aujourd’hui, les enseignants refusent donc de noter les élèves pour donner de l’ampleur à leur mouvement.

Toute la semaine, c’est la première période de composition trimestrielle pour les élèves des régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudeni. Un examen que le Collectif des syndicats autonomes de l’enseignement secondaire des régions du nord du Mali refuse d’organiser.

« On refuse de participer à l’organisation de cette évaluation en ne proposant pas de sujets, en ne surveillant pas et ne corrigeant pas, au cas où l’administration se hasarderait à organiser ces examens sans nous », a affirmé Mohamed Ag Issa, professeur de Physique-Chimie au lycée de Tombouctou et président du Collectif des syndicats.

« Compte tenu du contexte sécuritaire au nord, il serait quand même souhaitable que l’Etat encourage les enseignants à travers une prime, que nous avons appelée « prime de zone ». Le principe a été accepté mais ils ne l’ont jamais appliqué », a-t-il poursuivi.

« Pendant la crise, en 2012, les enseignants ont été victimes, affectés par cette crise. Il y a des gens qui ont été traumatisés. Il y a des gens qui ont perdu leurs biens. Certains ont été contraints à l’exode. Tout ceci mérite réparation. Le gouvernent a accepté le principe sur le papier mais jusque-là, nous n’avons rien vu », a tenu à souligner le président du Collectif des syndicats autonomes de l’enseignement secondaire des régions du nord du Mali, Mohamed Ag Issa.

Du côté du ministère malien de l’Education, on rappelle que des discussions sont menées depuis le début de la rentrée scolaire et que des concessions ont déjà été faites, notamment pour faciliter l’évolution de carrière des enseignants du Nord. Le ministère promet de nouvelles consultations mais brandit également la menace de sanctions contre les professeurs qui refuseraient de noter les élèves. C’est « une obligation légale », estiment les autorités.
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