Accord de retour des migrants maliens de l’Europe Quand IBK accepte pour l’UE ce qu’ATT avait refusé pour Nicolas Sarkozy

Au nom d’un soi-disant accord UE-Mali, comprenant des initiatives pour aider les jeunes maliens pour avoir le travail ; le renforcement des capacités des services de sécurité maliens et une meilleure collaboration avec les pays voisins ‘’pour lutter contre les réseaux de trafiquants d’êtres humains et améliorer le contrôle des frontières’’, le Mali vient de sacrifier les intérêts légitimes et les droits des Ressortissants maliens en Europe.

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A cause de neuf soi-disant projets pour un montant de 145,1 millions d’euros, notre pays, le Mali, vient d’accepter à l’Union Européenne le retour obligatoire de nos compatriotes qui seront désormais accusés d’être en situation irrégulière en Europe. Pourtant, le Président ATT avait refusé catégoriquement, malgré les pressions de Sarkozy, de signer ce très contesté et injuste accord de réadmission. Cela, au bénéfice des Ressortissants maliens vivant en Europe qui aident mieux le pays dans son développement socio-économique.

Tout a été parachevé le weekend dernier avant d’être rendu public dans un communiqué déclaré en langue de bois. Dans ledit communiqué du dimanche 11 décembre dernier, l’Union Européenne (UE) et le Mali prétendent vouloir lutter contre « les causes profondes de la migration irrégulière et favoriser le retour des migrants maliens depuis l’Europe ». Pour les deux parties, c’est une coopération renforcée pour favoriser le retour des migrants.

«C’est la première fois que l’UE établit des engagements aussi précis avec un pays africain à propos du retour des demandeurs d’asile refusés », commente le Ministre néerlandais des Affaires Etrangères, Bert Koen ders. Comme pour signifier que notre pays est le premier en Afrique à sacrifier le sort de sa diaspora en Europe.

Alors qu’il n’est un secret pour personne l’apport financier de la diaspora malienne dans le développement socio-économique du pays. Aussi, faut-il le rappeler que la majorité de cette diaspora se trouverait, peut-être, en situation irrégulière. Plusieurs migrants maliens en Europe contribuent au développement de leur localité d’origine avant d’être en possession de toutes pièces de régularisation (nationalité ou autres).

Avec cet accord de réadmission, il s’agit de refouler au Mali tous les Maliens qui sont en situation pas tout à fait régulière en Europe. C’est dire qu’il ne sera plus possible d’émigrer vers l’Europe, sauf dans des cas normaux. Alors que Dieu seul sait comment et quel chemin la plupart de nos compatriotes richissimes ont emprunté pour se rendre en Europe la première fois.

Pour le Diplomate néerlandais, « les jeunes maliens peuvent tant contribuer au futur de leur pays. Nous devons éviter que les Maliens en route pour l’Afrique du Nord ou l’Europe ne perdent la vie ou ne tombent entre les mains des passeurs ». A cet effet, « des fonctionnaires maliens se rendront dans les pays membres de l’UE pour aider à déterminer l’identité des migrants afin d’accélérer leur retour », précise le communiqué, évoquant leur « réadmission et réintégration ».

Bien que le communiqué soit fait dans un style purement diplomatique, en évoquant souvent ‘’le retour de demandeurs d’asile’’, les débats ont été houleux sur les réseaux sociaux. Certains médias en ont bien relayé. La préoccupation essentielle reste de savoir pourquoi le Mali, en tant que pays d’immigration par excellence, signe un tel accord de honte et d’injustice contre ses Ressortissants.

Selon le Ministre malien des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine, Abdoulaye Diop, aucun accord n’a été signé entre le Mali et l’UE allant dans ce sens. Toutefois, il a été justifié que la visite de Bert Koen ders au Mali s’inscrit dans le cadre du dialogue de haut niveau sur toutes les questions de coopération ; notamment la migration, initiées entre le Mali et l’UE depuis le sommet de La Valette, tenu les 11 et 12 novembre 2015. Malheureusement, les images parlent !

Quoi qu’il en soit, l’avenir nous édifiera davantage. Aussi, l’Histoire retiendra que le Président Amadou Toumani Touré a préféré un mauvais sort personnel que de livrer ses compatriotes, la diaspora malienne, à la volonté sordide européenne.

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