Mali: une ronde commune organisée à Gao pour préparer les patrouilles mixtes

Au Mali, une patrouille commune a été organisée pendant le week-end à Gao, dans le nord du pays : armée malienne, groupes armés pro-Bamako et militaires français dans le même convoi. Objectif : mieux sécuriser les régions du Nord. Il ne s’agit pas des patrouilles mixtes prévues par l’accord de paix, qui n’ont pas encore été lancées, mais d’un test qui doit servir de préparation.

La patrouille commune organisée à Gao a mêlé des soldats de l’armée nationale et des combattants de la Plateforme, mouvement armé pro-Bamako signataire de l’accord de paix. Ils étaient « accompagnés » par un détachement de la force française Barkhane, présent en tant que « facilitateur ».

« C’est la politique des petits pas, commente un porte-parole de Barkhane, on encourage ces initiatives. » Une démarche qui ne s’inscrit donc pas directement dans le cadre de l’accord de paix, mais qui vise à « instaurer la confiance » entre soldats maliens et combattants des groupes armés. Un « point de départ », dit-on encore chez Barkhane, avant les patrouilles mixtes prévues par l’accord.

C’est ce qui explique l’absence des ex-rebelles de la CMA, troisième partie signataire de l’accord de paix, non représentée ce week-end à Gao. Mais la CMA avait déjà participé à une toute première patrouille commune, construite sur le même modèle : c’était au début du mois à Indelimane, près de Ménaka.

Dans les deux cas, aucun casque bleu n’est associé. Du côté de la Minusma, on rappelle – avec une sobriété qui masque mal l’agacement – soutenir la tenue des patrouilles mixtes « telles qu’envisagées par l’accord de paix ».

A ce jour, aucune patrouille mixte telle que l’accord de paix les envisage n’a permis de mêler les trois parties signataires, et aucune date n’a été fixée pour le début de ces patrouilles. Compte tenu des tensions actuelles entre les deux mouvements armés signataires – CMA et Plateforme -notamment dans la région de Kidal, et compte tenu des tensions internes à ces mouvements – avec l’émergence de nouveaux groupes armés créés par d’anciens membres de la CMA – , la tenue de ces patrouilles semble encore très compliquée.

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